Je n’aurais pas pensé avoir l’opportunité de voir Janelle Monáe en concert aussi tôt. Il y a des artistes qui ne viennent que très rarement sur Paris pour diverses raisons ; par exemple on peut citer Dr DRE ou Maxwell jusqu’à il y a peu. Personnellement j’attends un concert des Kyoto Jazz Massive depuis des années. Bref, je mettais à tort Janelle Monáe dans la même catégorie. Pourtant depuis son album Metropolis – The Chase Suite, je l’attendais de pied ferme. La sortie de The Archandroid – Suites II and III, fut l’occasion d’espérer un peu plus, d’allumer un nouveau cierge pour la voir à Paris. Vous imaginez bien ma joie lorsque j’ai vu que toutes mes prières n’étaient pas inutiles.
Dès l’entrée dans la salle je fus un peu surpris de voir tout ce monde qui attendait comme moi l’un des meilleurs espoir féminin « Soul – R’n'B » de la nouvelle génération. Le concert commença avec la première partie, Saul Williams. À mon avis peu connu en France il a une vraie notoriété outre-Atlantique grâce notamment à son rôle principal dans le film Slam. Vous l’aurez deviné, Saul Williams est un slameur, un vrai. Devant nous, seul avec son micro, pas de musique, pas d’effet, pas de strophe parfaitement bien architecturée et encore moins de refrain. C’est du pur, du brut, Saul Williams déverse ses vers sans artifices. C’est textes sont longs, denses et puissants. À découvrir : Def Poetry Jam – Saul Williams (Coded Language).
Après quelques minutes et le speech d’un collaborateur de l’artiste qui nous a demandé en vain de ne pas photographier et filmer le concert, vinrent s’installer les trois musiciens de Janelle Monáe, un batteur, un guitariste et un claviériste/bassiste. Ensuite trois silhouettes encapuchonnées et vêtues de longues capes firent leur entrée de dos. Puis au bout de quelques mesures l’une d’elle se retourna pour nous faire face, Janelle Monáe. Qui étaient les deux autres me demandez-vous ? Hé ben je dirais que c’étaient des figurantes. Elles revinrent deux – trois fois durant le show avec différents masques blancs pour se trémousser sur scène (pas de chorégraphies bien recherchées non plus). Leur apport au concert : tout bonnement négligeable à mon avis. Bref à part ça Mlle Monáe commença à mettre le feu avec le duo Dance Or Die/Faster puis enchaina rapidement avec les titres énergiques du dernier album (Cold War, Tightrope…). Rapide interlude pour reposer tout le monde et c’est reparti pour les titres de l’album précédent avec les excellents Violet Stars Happy Hunting/Many Moons et Sinceraly, Jane.
Un petit désagrément cependant, la coiffure sophistiquée de Janelle tomba dès les premiers mouvement de tête pour lui cacher une grande partie du visage. Elle a continué le live comme si de rien était mais ça a dû l’embêter un petit peu voir l’empêcher de se lâcher complètement.
Enfin ne vous méprenez pas, la qualité et l’énergie qui la caractérise étaient bien là . Le public était présent lui aussi, grosse ambiance dans la petite salle de la Maroquinerie.
Côté son, une sono un peu brouillon, trop de clavier, les musiciens étaient pas mal, mais peu de solos et ce n’était qu’une base rythmique car ils étaient appuyés par la bande son qui tournait derrière. D’un côté je comprends, il y a tellement d’arrangements sur l’album qu’il faudrait énormément de monde pour tout reproduire mais d’un autre côté j’aurais bien aimé remplacer les deux danseuses futiles par deux musiciens et ainsi pouvoir écouter d’autres arrangements fait pour le live. Ça aurait été une vraie valeur ajoutée.
Le concert s’est terminé après un rappel et le même collaborateur qui nous indiqua qu’on avait le droit de parler et de prendre une photo avec l’artiste pour la modique somme de 10 € ; il se ravisa sous les huées du public car il a tout d’abord annoncé 50 €. Ces américains ne perdent jamais le nord lorsqu’il s’agit de business mais il faut qu’ils sachent qu’en Europe ça passe mal…
On ne va pas faire la fine bouche, finalement ce fut un très bon concert mais étant fan, j’en attendais peut-être un peu trop de la miss. Or je sais que Janelle Monáe peut faire bien mieux. Maintenant que je sais qu’elle peut venir en France, j’attendrais avidement son prochain concert.
